Réaction suite au colloque « Les langues, moyen de rapprochement des peuples » / Reago rilate al prelegaro pri « Lingvoj, iloj por alproksimiĝi la popolojn »

Franclingve esperantista ĉeestinto komentas la prelegaron. La prelegistoj ne priparolis la kongruecon de sennacia lingvo en la internaciaj komunikadoj. Feliĉe kelkaj kuraĝuloj ekparolis pri tio poste. Ni tiel ekkreis ligetojn kun kelkaj lokaj universitatistoj, kiuj ŝajnis interesataj pri la temo de lingvaj imperiismoj.
« Les langues, moyen de rapprochement des peuples? », tel fut le titre du colloque, ouvert à tous-tes, organisé vendredi 25 septembre à l’Université de Savoie Mont Blanc à Chambéry par le laboratoire de recherche LLSETI.

Tout-e espérantiste digne de ce nom ne peut que se réjouir qu’un colloque se tienne sur un tel thème car « le rapprochement des peuples » fut la philosophie qui prévalue quand Louis Lazare Zamenhof créa l’espéranto à la fin du 19e siècle. Et c’est globalement encore ces valeurs qui sont universellement portées par les institutions espérantistes et les espérantophones du monde entier.
En revanche quelle déception que le programme de ce colloque ne laisse aucune place à une intervention sur « la langue équitable » !
En effet, les diverses interventions brossèrent un panorama diversifié, sans prétendre à l’exhaustivité, de l’usage des langues, en critiquant parfois de façon brève ou feutrée le globalais (anglais global). Il est particulièrement étonnant à cet égard qu’aucun-e intervenant-e n’ai évoqué la probabilité que le globalais soit à son tour dominé à moyen terme par le « globaloi » (chinois global), par exemple, et ainsi de suite ! A aucun moment il ne fut question d’envisager une solution alternative au caractère fort peu démocratique de la primauté de l’usage d’une langue nationale, et donc d’une culture, sur les autres…
Heureusement au moment des questions avec le public vint la suggestion de l’espéranto pour solutionner les problématiques liés à l’usage d’une langue unique nationale (donc actuellement l’anglo-américain) dans les échanges internationaux.
Nous étions quelques espérantistes dans la salle et qu’elle ne fut pas notre surprise de constater que ce sont les organisatrices elles-mêmes qui suggérèrent cela, alors que nous n’osions prendre la parole sur le sujet, de peur d’être mal compris voir stigmatisé. C’est pourtant pétris d’humanisme et de pacifisme que nous sommes venu-e-s à ce colloque. Avec de telles valeurs, il est quand même extrêmement frustrant de se sentir marginalisé dans l’enceinte d’une institution de la république !
Malheureuseument l’excellente suggestion d’envisager une alternative telle que l’espéranto ne fut pas développée…
Néanmoins, à la sortie du colloque, nous pûmes nous entretenir brièvement avec certain-es intervenant-es et plus particulièrement avec les organisatrices, qui semblent ouvertes à approfondir le sujet de l’impérialisme linguistique… Cela serait aussi une excellente occasion pour dissiper les nombreuses idées reçues et amalgames sur l’espéranto, ainsi que pour montrer sa simplicité et ses extraordinaires vertus pour un monde de paix, émancipé.
Par ailleurs, outre le peu de participant-e-s, une seule étudiante était venue assister à ce colloque dans l’amphithéâtre de l’Université de Savoie! Nous pensons que de tels évènements gagneraient à se tenir dans l’amphithéâtre du campus universitaire plutôt qu’en ville, tout en restant ouvert au public, et si possible intégré aux cours des étudiant-e-s. Nous nous questionnons sur les causes socio-politiques qui entraînent ce faible taux de participation (par la population studantine ou non).
Espérons que notre modeste contribution saura élargir l’horizon de la pensée unique…
Filipo
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